Le monde du travail et moi

Je crois que j’ai envie d’écrire à ce sujet depuis 3 ans. Et pourtant ce que je souhaite évoquer est tellement délicat pour moi que je n’ai jamais osé, mais il est temps. Je vais te parler de mon expérience qui, je pense, pourra parler à d’autres personnes qui n’osent pas se libérer de certaines pensées.

Je me souviens qu’en classe de 3ème, on m’avait parlé d’un stage obligatoire dans une entreprise. Je ne sais pas exactement pourquoi mais mon collège n’en a pas organisé durant mon année et j’en étais ravie. J’étais stressée, angoissée à l’idée de devoir aller découvrir un métier, et rien qu’à l’idée de devoir CHOISIR où est-ce que je pourrais bien aller.

Oui bon, à cet âge là j’étais stressée en permanence mais parfois avec des pics un peu plus difficiles encore, genre les veilles de cours de piscine, les journées de disputes avec des copines, le jour ou j’ai eu mon accident au genou ou bien encore, donc, à l’idée d’aller découvrir un métier.

Le monde du travail m’a toujours terrorisé

Pourquoi ? Je ne sais pas exactement. Il y a bien sûr la peur de l’inconnu. Le fait de devoir dépendre d’un patron, une personne que je ne connais pas. Le fait qu’on ait un pouvoir sur moi. Il y a aussi les obligations, qui me paniquent réellement (et je crois que ça s’empire avec le temps) et me donnent la sensation d’être emprisonnée. L’idée de devoir être tous les jours en contact avec les mêmes personnes, comme à l’école, et aux mêmes horaires, imposées, pas forcément adaptées à notre rythme, ça me file presque des tremblements rien qu’en l’écrivant et des palpitations en y pensant. Ce n’est pas que je n’ai pas envie, que j’ai la flemme, que c’est juste chiant. Ca me PANIQUE. J’ai l’impression de n’être absolument faite pour ça, incapable. Depuis toujours.
Bon, tout ça, ça prouve bien que le fait de ressentir des émotions gigantesques, d’être hyper anxieuse de nature et d’avoir probablement quelques troubles psy n’aident vraiment pas.

Et oui, c’est ce que je me suis toujours dit et ce qu’on m’a toujours dit aussi. Donc jusqu’à maintenant, j’ai réussi à échapper à l’entreprise, j’ai travaillé pour des gens, avec des petits, dans des familles, et c’était chouette, surtout que j’ai eu la chance de toujours tomber sur des gens bienveillants.

Mais je sens que pour le moment, ça non plus, ce n’est plus pour moi, comme si j’avais déjà été trop surbookée, comme si j’étais déjà lassée parce que j’ai besoin de changer, comme si j’avais déjà atteint certaines de mes limites. Parce que, encore une fois, je ne me sens pas adaptée à faire tous les jours de ma vie la même chose, pour quelqu’un d’autre, en plus. Alors je fais quoi ?

Les troubles/maladies psy, on les prend en compte quand ?

Ca fait maintenant environ 10 ans que je suis intimement convaincue que je suis incapable de postuler et de travailler ne serait-ce que 5 jours par semaine au même endroit. Et depuis à peu près 3 ans, je comprends que c’est parce que mon état psychologique est beaucoup trop compliqué.

Pourtant, je continue de me dire encore de temps en temps que ce n’est pas valable. Parce qu’aux yeux de la majorité des gens, ce n’est absolument pas valable. Je culpabilise d’être ce que je suis.
Ben oui, parce que les autres le font, ne sont pas forcément toujours heureux mais se forcent.
Et bien peut-être que je suis faible, mais quand je m’écoute, je ne me sens pas capable. Tant pis si, pour LES AUTRES, ça n’est pas valable.

Et donc aujourd’hui, je me demande à quel moment ça l’est ?
A partir de quel moment les troubles psy sont-ils « VALABLES » pour rendre légitime le fait de ne pas être capable de travailler comme « tout le monde » ?
Faut-il aller jusqu’au fond, faut-il attendre qu’ils s’aggravent pour se sentir plus « légitime » à être inadaptée à ce système là ?
Quand décider que ce n’est pas/plus possible ? Quand décider que ça l’est à nouveau ?

On entend de plus en plus parler de Burn Out et les cas augmentent, pourtant la santé mentale, les maladies et les troubles psychologiques ne sont tellement pas pris au sérieux.


Alors je n’ai pas eu de diagnostic de professionnels. J’ai déjà vu deux psys et on n’a jamais vraiment parlé de ce sujet en particulier. Pour autant, ça me pose problème de me sentir également obligée d’avoir l’avis de quelqu’un d’extérieur qui ne me connaitra que depuis quelques jours ou semaines pour dire si oui ou non, je suis légitime à me sentir inapte. Si oui ou non, je m’invente des excuses. Si oui ou non je suis capable alors que je ne me le sens pas du tout. Si oui ou non, grâce à lui, je pourrai un jour m’adapter au système qu’on nous impose.

Parce qu’en vrai, je le sais. Et je le sens.
Et puis même si c’est à cause de mes troubles, je ne suis pas sûre de vouloir qu’on me guérisse juste pour que je sois plus adaptée au système. Je ne suis pas sûre d’en avoir envie.
On pourrait me dire aussi : Oui mais tu n’as pas vraiment essayé, tu n’as jamais fait partie d’une entreprise alors tu ne peux pas dire que tu n’es pas capable puisque tu ne l’as pas fait.
Et pourtant, rien qu’en travaillant pour des gens géniaux, j’ai quand même réussi à finir angoissée, à ne plus dormir et à sentir qu’il fallait tout arrêter.
Je le sais, je te jure. C’est difficile à comprendre ou à croire peut-être mais je m’écoute en profondeur tous les jours et je le sais. Je ne suis pas faite pour ça.

Oui parce que tout nous ramène à l’argent. Pour vivre. Et moi, je n’ai jamais eu envie de gagner des millions. Moi, j’ai toujours eu envie de ne pas avoir de boule au ventre, de sourire et de me sentir apaisée. C’est le principal et ça le restera toute ma vie je pense. Je fonctionne comme ça, je vis pour ça, pour tenter chaque jour d’aller bien et de partager le meilleur de moi-même au monde.

La solution que j’ai trouvé ?

La seule solution que j’ai trouvé, pour le moment, c’est de tenter de faire de mes passions un métier. De tenter de faire en sorte que ma quête d’apaisement, de sérénité et mon envie de partager deviennent potentiellement un métier. De tenter de vivre pour moi, par moi. Si j’y arrive, alors j’aurai tout gagné. Si ce n’est pas le cas, alors j’aurai essayé de me protéger jusqu’au bout. Si j’échoue et que ça me crée des soucis financiers, je serai seule à m’être mise dans le caca et je n’aurai fait de tort qu’à moi-même.

C’est loin d’être gagné et ça me fait très peur aussi. Mais comme je suis la seule concernée, je veux tenter.


Je me rends compte que je suis loin d’avoir tout dit à ce sujet et que ça a été encore plus difficile pour moi d’écrire tout ça que ce que j’imaginais. Je me suis toujours sentie honteuse en réalité. Parce que je sais très bien que dire : « Je ne suis pas faite pour travailler » équivaut, dans la tête de beaucoup de gens, à dire : « J’ai la flemme, je préfère glander. »
Et c’est loin d’être le cas. Les périodes ou j’ai été la plus heureuse dans ma vie sont les périodes ou j’étais la plus active. Mais pour moi. C’était moi qui décidais, je faisais ce que j’aimais et j’en tirai bien plus que simplement de l’argent au final. Je me souviens même que, petite, je rêvais d’un potager, d’avoir une mini maison et de vivre en auto-suffisance. Et je crois que ça me fait toujours rêver d’ailleurs.
Bien sûr, je sais que si tout le monde fonctionnait comme ça, on serait peut-être dans la mouise. Et bien sûr, j’ai essayé de me persuader que de toutes façons, tant pis, je devais faire comme tout le monde. Et je me suis 100000 fois (et plus encore) demandé si je n’étais pas juste en train de me trouver de fausses excuses…
Je me suis sentie nulle, en dessous, bête, assistée, absolument pas courageuse, faible.
Peut-être que je fonctionne juste différemment, que je suis une « marginale », que je préfère essayer de vivre du peu que je sais faire, même si je suis loin de penser que je suis une artiste, mais après tout, eux, je les comprends et ça me rassure.

Aujourd’hui, je fais en sorte d’accepter mes failles, et aussi ce qui me correspond ou pas. Je crois que je ne suis simplement pas construite pour ça… Mais l’avenir nous le dira.


J’aimerais que tu me parles de ton expérience ? De ta vision du travail ?
J’aimerais obtenir le maximum de témoignages pour enfin libérer la parole à ce sujet, je ne dois certainement pas être seule à avoir si peur de ce monde du travail, des entreprises et des obligations que la société nous impose.

IMPORTANT : Je parle de mon expérience uniquement dans le but de témoigner et de, peut-être, libérer la parole sur certains sujets.
Je ne parle pas de ça pour t’expliquer que je souffre. Je ne parle pas de ça pour te demander conseil. J’en parle déjà avec mes proches et je sais qu’il y a des professionnels pour ça. J’aimerais juste qu’on discute de ce sujet, librement, de façon transparente, en cessant d’avoir honte, voilà tout. ♡

Si tu as des questions, n’hésite surtout pas à me les poser. A vite !

Ju.

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19 thoughts on “Le monde du travail et moi

  1. Chacun sa vision du monde du travail. Peut-être que la question intéressante ce serait de savoir qu’est-ce qui te fait « peur » et pourquoi? Creuser un peu. Juste une idée.

    Pour tout te dire je ne me suis jamais posé la question parce que chez nous le travail ce n’en était pas une. Il fallait bosser un point c’est tout. Aujourd’hui je commence tout juste à revisiter mes priorités. Je pense que le rythme tel que nous le connaissons n’est pas adapté à tous, il faudrait plus de flexibilité dans l’entreprise pour que chacun puisse trouver sa juste place. Cela éviterait pas mal de souffrances aussi et le travail serait de meilleure qualité.
    On nous dit qu’il faut rentrer dans le moule, que c’est comme ça, mais à quel prix. On le voit de plus en plus aujourd’hui, des personnes qui se sont littéralement tuées à la tâche. Il faut que les choses bougent.

    Merci d’avoir abordé le sujet. Se poser les bonnes questions, voilà ce qui nous permettra d’avancer. Et de faire avancer les choses.
    Belle journée Justine

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    1. Coucou : )
      En ce qui concerne ta question du « pourquoi », je crois me l’être posée des centaines de fois et j’y réponds dans l’article d’ailleurs. Les obligations, la peur de voir les mêmes personnes tous les jours, les horaires, un rythme qui ne me correspond pas, les injonctions, l’inconnu, le fait de me lasser vite.. Etc..
      Je suis d’accord avec toi, ma seule « erreur » est peut-être de ne pas vraiment me forcer à tenter l’expérience. J’ai travaillé, même beaucoup pendant une période parce que dans plusieurs famille toute la semaine, mais le monde de l’entreprise me terrorise… Peut-être un jour, tout de même.
      Merci de me comprendre ♡

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      1. Je comprends tellemeeent ❤️ je ne pense pas avoir de problèmes psy à ma connaissance (quoique, j’ai fini en burn out à chaque emploi que j’ai eu… 🤔.), mais je sais dans mes tripes que je veux accomplir ma vie par moi-même, sans être dirigée.
        Déjà de base, je n’aime pas faire « comme tout le monde ». La vie toute tracée boulot-maison-mariage-enfants me fait horreur. Qui a décidé que ce chemin était parfait pour chacun.e ? Qui a pu prouver que cette voie était épanouissante pour chacun.e?! Personne. Du coup, qui est légitime de te dire quoi faire de ta vie ? Personne d’autre que toi-même. C’est ainsi que j’ai décidé de voir les choses. Il m’a fallu bcp de temps pour l’assumer, mais aujourd’hui les remarques des gens me touchent moins quand ils « s’attaquent » à mon mode de vie. Je leur réponds par un sourire-silence ou une punchline bien placée (je n’inclus pas les gens curieux, qui veulent me comprendre, au contraire je leur explique pour les aider à remettre en perspective leur quotidien).
        De moi-même, inconsciemment (je m’en rends compte maintenant) j’ai gardé auprès de moi les gens bienveillants qui acceptent mon mode de vie et me posent les bonnes questions pour m’aider à évoluer, et j’ai perdu contact avec ceux qui ne voulaient pas comprendre et essayaient de me rentrer à tout prix dans une case (la hippie, Bisounours, fainéante, insouciante, …).

        Je dois avouer que ça fait un moment que je te suis sur Instagram, mais je n’avais pas encore fait le pas de te lire sur ton blog. Je pensais être assez déterminée dans mes choix, que je n’avais pas besoin de lire tes articles pour me sentir mieux , mais malgré tout ça fait du bien de se rappeler qu’on est pas seul.e ❤️

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        1. Tes mots me font un bien fou, sache-le ! Je te remercie d’avoir tout de même sauté le pas. Le fait de lire mes articles n’est pas un besoin, ça c’est sûr, en revanche les échanges à la suite de ces réflexions sont tellement gratifiants pour moi et je trouve qu’ils sont enrichissants pour tout le monde tellement les personnes qui me lisent sont passionnantes. Alors MERCI beaucoup.
          Je me reconnais vraiment dans ce que tu dis, le fait de ne pas être dans les cases etc… même si je n’en fait pas toujours exprès et que c’est parfois une cause de grande souffrance parce que je n’arrive pas à m’adapter. Mais c’est comme ça. Je suis en ce moment dans la transition je crois. La vie m’amène des épreuves pour que je m’affirme et que je m’assume pleinement comme je suis, peu importe ce que l’autre pense ou dit, ni même comment il me regarde.
          Je suis confronté à ça de plein fouet et même si c’est difficile, je grandis encore tellement.
          Je compte bien en reparler prochainement ici et il sera notamment question d’amour et de couple, puisque c’est le sujet qui fait débat dans mon entourage en ce moment. Toi aussi tu as une vision différente du couple?
          Au plaisir d’échanger avec toi sur notre différence et nos similitudes. Merci encore. :’)

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  2. Coucou Justine,

    Je me prête au partage d’expérience (d’autant plus que le sujet me passionne 🙈). Je me reconnais un peu dans certaines choses que tu exprimes et j’ai aussi ressenti d’autres choses différemment (ou que tu n’as pas exprimé ici). Je crois que ce que j’aimerais c’est être une éternelle étudiante, j’ai d’ailleurs « pris mon temps » pendant mes études et me suis « réorientée » plusieurs fois (je ne considère pas vraiment ça comme des réorientations d’ailleurs mais il paraît que quand tu étudies des choses différentes tu te ré-orientes, comme si on ne pouvait étudier qu’un truc ?). Trouver un emploi n’a jamais été une de mes préoccupations et ne m’a jamais vraiment stressée quand j’étais plus jeune je crois. J’étais toujours dans « la lune » comme on dit et on m’a d’ailleurs souvent dit que je devrais être plus « terre à terre » et que « révasser » c’était pas un métier (quel dommage quand j’y repense 🤭). A côté de cela, j’ai très jeune voulu être indépendante et autonome et je pensais que la clef à cela c’était le travail (ou plutôt le salaire^^). Mais je ne voulais pas seulement un salaire je voulais aussi un boulot qui me plaise, qui ait du sens pour moi or je ne savais pas trop ce que je voulais faire qui puisse être un « métier ». J’ai finalement eu un diplôme et commencé à travailler dans le domaine de mes études, sans grandes convictions. Le passage dans la « vie active » a été difficile, je ne me sentais pas à ma place, j’avais l’impression de ne pas comprendre les « codes » et j’étais très fatiguée. J’ai fait un burn out qui m’a secouée et que j’ai eu du mal à admettre aux autres mais aussi et d’abord à moi même. Je me suis sentie honteuse, coupable, faible, inapte, un peu comme tu l’exprimes toi aussi, il y a un tel poids du travail (et encore maintenant je n’ai pas totalement accepté ce « passage de faiblesse » qui n’en ait pas un mais que je ne peux m’empêcher de ressentir comme cela). Aujourd’hui je ne sais pas trop quelle est ma vision du travail. Je crois que j’aimerais travailler moins (j’ai l’impression qu’il y a une mouvance comme ça de personnes qui revendiquent le « travailler moins » mais que ça reste marginal et un peu avec une image de « paresse » aux yeux des autres) ou plutôt avoir un emploi qui me prend (« me prend », choix de mot intéressant tiens) que 25-30h pour pouvoir faire des choses à côte, vivre plus « lentement », mais qui me permette de vivre quand même et d’être autonome (j’ai d’ailleurs revu aussi ma définition de l’autonomie et je m’intéresse beaucoup plus à ce que je peux faire, moi, plutôt que d’acheter ou de déléguer). Enfin bref je suis encore en pleines réflexions sur plein de trucs et j’ai déjà écris un gros pavé alors je vais m’arrêter là ! Et j’ai hâte de lire d’autres commentaires et de continuer à en discuter 🙂

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    1. Merci beaucoup pour tes confidences ma gentille Camille : )
      Je crois que c’est à toi que j’avais conseillé le film Libre & Assoupi ? Parce que c’est une situation très similaire à la tienne et je trouve ce film magnifique et très juste.
      Personnellement, les études ne me correspondaient pas non plus. Bien sur certains cours étaient merveilleux à mes yeux, j’aurais préféré les faire seule, dans mon coin. Je n’ai jamais autant grandi, appris qu’en étant chez moi et en choisissant par moi-même mes sujets d’apprentissage et mes lectures.
      Bref, je crois que tu fonctionnes un peu comme moi. Je crois que tu as besoin de temps pour toi pour ne pas être envahie. Je crois que tu es hypersensible. Pas vrai ?
      Et j’espère de tout coeur que tu réussiras à trouver la situation qui te correspond au mieux et qui te donne un équilibre, même si ce n’est qu’un temps et que tu réajustes après. Je te le souhaite sincèrement parce que je crois que tu le mérites amplement.
      Merci beaucoup pour tes mots (ici, sur ton blog et en message privé) tellement enrichissants. ♡

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      1. Oui, bonne mémoire, on l’avait regardé avec mon copain on avait tous les deux adoré 🙂 c’est vrai que je me suis reconnue (et mon copain aussi^^) dans pas mal de situations / réflexions de ce film. Ah oui je te comprend moi aussi j’aime apprendre seule et je n’ai pas besoin d’un cadre pour travailler (en cela l’université m’a beaucoup plu car on était très autonome mais je sais que pour certain·es de mes ami·es ce manque de cadre a été difficile à gérer). Je ne sais pas si je suis hypersensible mais c’est vrai que je suis une personne « lente » qui a besoin de temps et d’espace et qui se sent vite envahie (et qui adore activer son mode avion comme on en parlait la dernière fois ^^). Merci aussi pour tes mots, c’est toujours un plaisir de discuter de rien et de tout avec toi 🙂

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  3. oui Justine tu abordes un gros sujet sensible ! enfin pour moi. je n’ai jamais été à l’aise dans le monde du travail alors je comprends ce que tu exprimes. Le rapport aux autres et aux collègues est problématique. soit je les trouve envahissants ou ils m’impressionnent. j’ai un gros problème de légitimité. et l’autorité me pose problème. je ne sais pas feinter être stratège, souvent je lâche des choses qui déplaisent aux chefs. j’ai des troubles anxieux c’est ce que m’a diagnostiqué si on peut dire une psy. le travail est une source d’angoisse permanente, j’y pense aussi en dehors ! alors le confinement et mon activité partielle m’ont fait du bien, j’ai pu souffler et desangoisser..je reprends en septembre et j’essaie de pas y repenser mais c’est dur. alors sinon cette année je me suis à temps partiel, je ne travaille pas le lundi, ce qui m’aide ! j’aimerais trouver une psy mais je n’en ai pas trouvé qui me convienne pour l’instant ! mais je pense qu’une bonne psy peut changer la vie ! si j’avais confiance il faudrait que je change de travail car il ne me convient plus, mes collègues m’insupportent : y en a une super envahissante et une autre avec qui il est très dur communiquer ou bien simplement d’aborder. c’est vrai que comme solution serait aussi de prendre un boulot à temps partiel et de faire ce que tu aimes à côté….si jamais tu ne pouvais pas vivre de ta passion à temps plein. tu es jeune, tu peux te permettre d’expérimenter ce tu aimes ! bises

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    1. Merci beaucoup de t’être confiée sur ce sujet si complexe pour toi et peut-être douloureux aussi. Tout ce que tu dis ne m’étonne pas, nous avons déjà vaguement abordé le sujet et je suis touchée d’en savoir un peu plus.
      Ca me fait de la peine de t’imaginer en souffrance chaque jour dans un domaine que tu n’as pas forcément réellement choisi ou qui, du moins, ne te correspond plus. Tu te forces. Pour quoi ? Pour qui ? L’argent ? La société ? Par peur ?
      Bien sûr, je crois qu’un.e bon.ne thérapeute pourrait t’aider, et je te le souhaite de tout coeur. Mais est-ce que ça règlerait entièrement le problème des collègues avec qui tu n’as rien à partager et du fait que ce que tu fais ne te plaît pas forcément ? Pas sûre… Mais je te souhaite de tout coeur de réussir à vivre en fonction de tes besoins et de tes envies profondes, sincèrement! ♡

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    1. J’essaie… Mais mes idées s’emmêlent, les sujets se chevauchent. Un jour j’ai envie de parler d’amour, ensuite j’ai envie de parler de mieux-être, d’angoisses… Et je n’arrive jamais à me tenir à un thème particulier. Je n’ai que plusieurs petits bouts, des débuts de quelque chose que je n’arrive pas à poursuivre… Pas évident. : )

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  4. Oui Justine c’est un sujet passionnant.

    Je te partage mes expériences,

    En effet en 3ème, panique pour découvrir le monde du travail, découverte en relation avec le travail qui nous ferait rêver. Mais en 3ème, peut-on savoir ?
    Déjà, ça commence mal….

    La terreur du monde du travail OUI, c’est l’inconnu, représenté comme très très sérieux par les adultes, rempli de contraintes. Alors comment ne pas avoir peur….

    Pour moi le monde du W peut être bien vécu s’il est en relation directe avec une passion, un intérêt puissant. Passion partagée également avec les collègues.

    Se pose la question du choix possible :
    Dès 16 ans j’ai fait des petits boulots avec les enfants (intérêts forts) afin d’avoir un peu d’argent
    pour passer du temps avec mes ami(e)s.
    C’est également une question d’éducation.
    Mes parents auraient pu tout financer mais cela n’était pas dans le règlement de la maison.
    L’argent ne tombe pas du ciel, c’est une bonne leçon de vie et cela m’a servi par la suite.

    Je te rejoins complètement sur la relation W – troubles divers.
    Les troubles psy ne sont pas reconnus car ce sont globalement des »troubles invisibles ».
    A moins d’être hospitalisé en HP à durée indéterminée….., on DOIT travailler jusqu’au Burn-Out.
    A ce moment là, la santé a foutu le camp et la société reconnaît l’inaptitude à travailler .
    Alors OUI, on nous demande d’aller au-delà de nos forces pour rendre légitime ou non de travailler.

    De nombreuses connaissances et moi-même réalisons que nous ne sommes pas faites pour CE monde du W que cette société nous impose.
    Nous devons rentrer dans des cases pour ne pas être considéré comme instables, fainéants, difficiles à contenter.

    Avec du recul, je me suis aperçue que je prolongeais mes études afin de repousser le moment fatidique de signer un contrat de W.
    Mais je n’ai pas eu d’autre choix que de travailler pour payer les charges quotidiennes, ne dépendre de personne, être indépendante et libre financièrement.
    Mon rêve serait de vivre dans un monde sans argent, mais cela restera un rêve…..

    Après de multiples expériences , je prends la décision de changer de mode vie, de lieu de vie, de me diriger vers le minimalisme et vivre + heureuse avec moins mais mieux !!!

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    1. Merci Sophie pour tes mots qui me font beaucoup de bien, sache-le !
      Je me sens comprise et même rassurée.
      Tu as totalement raison, la solution idéale est de vivre de ses passions, de tenter de le faire en tout cas. Mais bien sûr, ça reste difficile. Ta phrase : « on DOIT travailler jusqu’au Burn Out » m’a presque donné un frisson, c’est tellement vrai et tellement injuste… Sans aller jusque là, nous ne sommes pas pris au sérieux, il faut se forcer et parfois savoir qu’on fonce dans un mur… C’est tellement compliqué. Mais tu as l’air d’avoir choisi d’être forte en t’écoutant avant tout, pour te protéger et tu peux être fière de toi, j’espère réussir à faire la même chose. Etre au maximum dans un mode de vie qui me correspond et m’épanouie, je ferai tout mon possible pour y arriver et je te souhaite le meilleur également :’)
      Merci encore pour tes mots. ♡

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  5. Pour répondre à ta question : il faut bien que je gagne ma vie. et maintenant je ne sais rien faire d’autre que ce que je fais à mon boulot. et je n’ai pas assez confiance en moi pour en changer. j’ai un peu trop attendu et j’ai la quarantaine bien engagée….😉 bye

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    1. Le théatre ma douce, garde le théatre en tête. Je sens tellement ta passion. Et le partage, l’écriture, tu aimes aussi… Garde ça dans un coin.
      Il n’est jamais trop tard. ♡

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  6. A la base Justine, l’humain n’est pas fait pour travailler donc dans un premier temps tu n’as pas à culpabiliser. Ensuite peut-être que tu n’es pas faite pour être employée tout simplement mais faite pour être indépendante, à ton compte, diriger ta propre activité. Tout le monde n’est pas fait pour être employé. Et ce n’est pas une maladie, un trouble psy ou de la paresse. C’est juste une question de personnalité rien de plus, rien de moins. Si tu ressens au fond de toi que tu dois vivre de ta passion, fonce et ne te pose pas de question.

    Les  » il faut « ,  » on doit  » ne sont que des questions de croyances transmises de génération en génération. Elles seront justes pour les uns et fausses pour les autres, à chacun sa vérité, l’important étant que chacun soit aligné avec qui il est, avec ses propres croyances, ses propres valeurs.

    Et enfin pour répondre à ta question, personnellement j’ai la chance d’avoir toujours fait des  » boulots passion  » et donc d’aller bosser avec le sourire. Mais tu vois à mon sens ce n’est pas nous qui dépendons d’un employeur, ce n’est pas lui qui a le pouvoir, c’est le contraire. C’est l’employeur qui dépend de nous. Evidemment tout cet univers doit se vivre dans le respect de chacun, il faut de l’écoute dans les deux sens, de l’empathie. Manager une équipe passe d’abord par un long travail sur soi. Je pense que tout est question d’état d’esprit. Je sais que je ne resterai pas dans une entreprise si je ne m’y sentais pas bien. Je ne ressens pas l’idée  » d’obligation, d’être prisonnière ou enchaînée « . Mais je comprends totalement ce que tu peux ressentir et je respect ton point de vue bien sur.
    A très vite !

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    1. Waouh, tu n’imagines pas à quel point tes mots me rassurent et me retirent une part de cette culpabilité. Merci beaucoup… Effectivement, c’est sûrement que je ne suis simplement pas faite pour ça. Mais parfois, j’ai la sensation que je n’ai pas non plus l’âme d’une entrepreneuse… C’est compliqué. Mais je réfléchis, j’avance tranquillement et mes envies par rapport à ma vie professionnelle se solidifient petit à petit.
      Tu as raison, un employeur a besoin de l’employé, c’est ce que je ressentais quand je gardais des petits. Et peut-être qu’effectivement, il faudrait que je fasse une expérience en entreprise pour voir ce que ça donne, peut-être un stage, par exemple.
      Je termine mes vacances en douceur et la semaine prochaine, j’y repense, mais sache que tes mots me font beaucoup de bien. Merci encore ♡

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  7. Coucou Justine,
    Merci pour ce partage d’expérience que tu nous proposes sur ce sujet important dans notre société. Nous avons tous une palce à trouver, une voie qui nous correspond et il n’est pas facile de trouver sa place. Personnellement, cela a été flou pendant longtemps, en troisième j’ai fais un stage d’une semaine avec une photographe et graphiste sur les conseils de mon prof d’arts plastiques car il trouvait que cela me correspondait bien et je ne savais pas quoi faire alors j’ai dis pourquoi pas. C’était un métier que je connaissais déjà car j’ai une tante qui travaille dans ce domaine donc j’étais contente d’en apprendre encore plus. Finalement, je ne garde pas un bon souvenir de ce stage car la personne qui m’a accueilli n’avait pas un état d’esprit ouvert et je n’ai pas trouvé ma place à ces côtés. En seconde, on m’a demandé ce que je voulais faire mais toujours aucune idée, jusqu’à ce qu’en cours d’arts plastiques mon prof nous apprenne la perspective et l’architecture, à ce moment là, j’ai ressenti une connexion, j’ai donc fait les portes ouvertes d’une école d’architecture, c’était ce que je voulais faire à coup sur. Je m’y suis sentie à ma place, je n’avais plus envie de retourner au lycée. Puis, la vie a fait que tout a changé car ma maladie et toute ma vie ont changé à ce moment là de ma vie. Au fil des mois on a compris que l’architecture cela n’allait plus être possible pour moi car physiquement je n’en avais plus la possibilité. Cela a été tr§s difficile à vivre et c’est mon prof d’arts plastiques qui a su trouver les mots me permettant de me rassurer sur le fait que j’avais le temps de trouver. J’ai continué mes études, la terminale et j’ai décidé de faire une prépa artistique car c’est un domaine qui m’a toujours parlé. Cette année m’a permis de tester différents métiers mais aussi de me rendre compte qu’il y avait d’autres domaines de vie qui me passionnaient et que je souhaitais associé à mon métier. J’ai beaucoup réfléchis, hésité de longues fois et j’en suis venue à la conclusion que ce n’est pas un métier qui est fait pour moi, pour que je me sente épanouie mais plusieurs alors petit à petit je me forme et j’associe le tout pour créer un univers à mon image et pas un métier. Créer un univers qui mélange photographie, graphisme, illustration mais aussi le partage, la philosophie et la littérature.
    Tout cela pour dire que je trouve qu’il ne faut pas se mettre de pression à ce dire qu’il y a un seul métier ou domaine qui est fait pour nous mais peut-être un ensemble de choses qui forme notre unievrs, ce cocon où l’on pourra se sentir bien et dans lequel toi tu vas te setnir bien, apaisée.

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  8. Tu as tellement raison. C’est souvent ce que je conclus de toutes mes pensées au sujet du travail, qu’il me faut un mix de tout ce que j’aime. La pression que je me mets, elle vient seulement de l’aspect financier, malheureusement. Je touche une allocation mais elle est vraiment infime par rapport aux dépenses que je dois faire, donc c’est très compliqué. Mais je ne lâcherai pas mes projets, parce que c’est trop important et que c’est un vrai rêve. Merci de me donner espoir grâce à tes mots et à ton expérience. Toi aussi tu as connu des déception, des remises en question, et tu es toujours dans ta voie, malgré tout. :’) Merci beaucoup ♡

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