Quand ça va mal… Et que tout s’éclaircit

Pour changer, j’ai envie de te remercier. Mais tellement, du plus profond de mon coeur. J’ai envie de te remercier pour une chose particulière : MERCI de ne pas m’avoir donné de conseil.

Il y a quelques temps, voilà ce que je publiais sur Instagram :

D É P R I M E
Mon cher petit cœur, aujourd’hui est un jour tortue… Je suis toute ramolo… Je me traîne… Les batteries ont besoin d’être rechargées. Je croyais que tout allait bien se passer dès le début de l’année, et puis non, c’est pas la grande euphorie. Mais comme à chaque moment difficile, j’apprends. J’apprends tellement. Ce que j’ai appris ces derniers temps, c’est que lorsqu’on est sujette à la déprime, aux baisses de moral, ou même aux addictions et à la dépression, ça ne nous quitte jamais. On peut apprendre à vivre avec et à bien utiliser ces moments douloureux quand il le faut, mais on ne pourra jamais rayer ça de notre existence, c’est en nous.
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Je n’ai pas envie de soutien ou de réconfort en publiant ça. En fait, je n’en ai pas besoin; et je crois que ce dont j’ai besoin, c’est d’être encore un tout petit peu dans cette légère noirceur, qui est présente depuis maintenant un ou deux mois (depuis le début des manifestations en France, je crois, à peu près). J’en ai besoin parce que je sens que ça va me propulser dans quelque chose de merveilleux ensuite.
Je ne me sens pas la plus malheureuse du monde, non non.. j’ai juste cette foutue boule au ventre qui est revenue me caresser le cœur un peu tous les jours et je cherche à m’en débarrasser (une vraie glue celle-ci… Elle m’aime trop).
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J’avais envie d’en parler. Parce que c’est la réalité. Parce que c’est la vraie vie. À l’heure à laquelle beaucoup dénoncent les réseaux sociaux comme étant du FAUX, du BEAU, du RÊVE.. et bien j’ai envie de prouver qu’il y a aussi de la VIE, et de la VÉRITÉ et du DOULOUREUX parfois. Du vrai partage, dans tous les cas.
Et c’est le temps qui arrange tout…
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Gros bisou et gros soutien à tous les insomniaques 💛

Suite à ce post, j’ai été énormément soulagée par tous vos mots. Bon se sentir soutenue et comprise, c’est sûr ça fait toujours du bien. Mais ce qui m’a surtout soulagée, c’est que personne n’a semblé s’apitoyer et personne n’a tenté de me remonter le moral, comme je l’avais demandé.

Je n’avais pas besoin, je n’avais pas envie qu’on me remonte le moral. Et pour la première fois, j’ai senti que tu comprenais et que tu respectais ce choix. Tu me laissais vivre ma peine, parce qu’elle était utile et nécessaire.
Je me demande même si cette peine n’était pas justement là pour m’apprendre précisément ça. Que quand on te laisse vivre ta peine, quand tu décides de la vivre et qu’on respecte ce choix, tout est plus facile et se passe comme il faut… Comme une vague, qui arrive, te renverse et disparaît.

J’ai connu différentes façons d’appréhender le mal-être de quelqu’un. J’ai été dans la situation où je devais accompagner quelqu’un en détresse, et j’ai aussi souvent pu observer comment mon entourage réagissait à la mienne.
J’ai rarement été satisfaite de ce qu’on pouvait me dire et faire pour moi. Sur le moment, je croyais que j’en attendais beaucoup, beaucoup trop. Alors qu’en réalité, je n’attendais rien. Tout ce qu’on pouvait faire, tout ce qu’on pouvait dire, n’était pas suffisant. En fait, je pense qu’il fallait simplement me laisser vivre ma peine. J’aurais peut-être eu besoin d’entendre : « Je ne peux rien faire et tu dois vivre ce moment douloureux pour apprendre toi-même. » mais peut-être que j’aurais trouvé ça déplacé, et que j’aurais été vexée que quelqu’un de proche qui est censé m’aimer me réponde ça. J’aurai vécu ça comme un abandon, c’est fort possible.
Il fallait que ça vienne de moi.
Rien ne pouvait venir de l’extérieur en réalité.

J’avoue que depuis quelques années maintenant, lorsque je me sens triste, ceux qui cherchent à m’aider provoquent en moi un certain agacement. Oui c’est ça.. Je suis agacée par les conseils… Et pourtant je faisais exactement la même chose parce que c’est ce qu’on pense être le plus juste et le plus normal, disons : Donner nos meilleurs conseils à quelqu’un qui ne trouvent pas ses réponses pour qu’il/elle aille mieux.
Mais on se trompe peut-être…

Laisser les gens dans leur tristesse

Dis comme ça, ça semble cruel. Et bien sûr que ce n’est sûrement pas ce qu’il faut faire pour toutes les situations difficiles, au contraire. Mais proposer ça à l’autre, ça pourrait être une bonne option ? Demander : « Est-ce que tu n’as pas besoin, au fond de toi, de vivre ce moment douloureux, là tout de suite ? Pose-toi la question à toi-même… ».

Combien de fois a-t-on essayé d’aider quelqu’un en lui donnant tous les meilleurs conseils qui nous venaient à l’esprit ? Tout ce qu’on avait pu expérimenter, tout ce qui nous avait sorti de situations difficiles. Ca avait marché pour nous, c’était certain que ça fonctionnerait pour quelqu’un qui vit la même chose. Et puis souvent, cette personne n’appliquait rien de ce qu’on lui disait… C’était fatiguant, désespérant parfois.. Peut-être que finalement, sans le savoir, cette personne avait juste BESOIN de vivre sa douleur pleinement.

Oui, mais on fait quoi en tant qu’ami ?

Et bien ce que tu as fait avec moi sous ce post. Dire qu’on comprend, dire qu’on respecte, dire que c’est utile, que c’est bien même, de vivre cette émotion pleinement, avec soi-même. Dire qu’on est à côté, qu’on ne peut rien faire mais qu’on est là, avec un sourire. Et ne pas se rendre malheureux pour l’autre, parce que de toutes façons tout s’arrange et tout finira par s’apaiser et par aller mieux dans sa tête et dans son coeur.

C’est toi qui m’a appris ça, c’est toi qui a réagis exactement comme j’avais besoin que tu réagisses et je ne t’en remercierai jamais assez. Je ne dis pas que c’est mal d’essayer de donner des conseils, certains en ont besoin, et moi-même j’en aurais peut-être besoin à d’autres moments. Mais quand ce n’est pas ça qu’il nous faut, et que tout est clair, et que tout se passe comme ça, avec sincérité, c’est magique.

Je n’aurais jamais pensé dire un jour qu’en ne cherchant pas à m’aider, des gens avaient tellement soulagé ma douleur.

M E R C I

13 commentaires sur “Quand ça va mal… Et que tout s’éclaircit

  1. Ah, ça… Rien de tel qu’un conseil maladroit, voire déplacé, même avec la meilleure volonté du monde. Je suis d’accord avec toi, la seule chose dont on a besoin quand ça va mal, c’est de savoir qu’on est soutenu et aimé. Mais l’humain est ainsi, il est mal à l’aise dans le silence et il préfère souvent dire un truc à côté de la plaque plutôt que rien.
    En tout cas, c’est super que tu aies trouvé cette compréhension, cette bienveillance quand tu en avais besoin. Comme quoi, tout n’est pas pourri dans les réseaux sociaux ;p
    Merci à toi pour ce texte, même si je ne fais pas partie de ces personnes qui t’ont aidée et que tu remercies, il fait du bien à lire 🙂

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    1. Tu ne m’as pas aidé donc finalement, toi aussi tu m’as aidé.. Ahah
      Effectivement, on a toujours envie que l’autre se sente bien, pas toujours pour les bonnes raisons. Parfois c’est juste pour éviter de passer des mauvais moments. Parfois c’est parce qu’on préfère parler de soi et que comme l’autre va mal, on ne pourra pas se le permettre.. Ou bien si ! En donnant des conseils à travers notre expérience.. Mouais…
      Juste demander si l’autre est ok pour vivre sa douleur, ça fait déjà bien avancer.
      Et bien sûr que non tout n’est pas pourri dans les réseaux sociaux, tout dépend de la façon dont on décide de les utiliser 😺
      Merci beaucoup pour ton gentil mot 💛

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  2. Super article, merci pour ton partage Justine. Je crois que cette envie maladive d’aider son prochain vient en partie du fait que la tristesse est un sentiment qu’on ne veut pas voir – qu’on exclue de la vie courante parce qu’il fait tâche. Il faut toujours « aller bien », « s’en remettre » – mais plus le temps passe, plus je crois que c’est une erreur de ne pas laisser la tristesse s’exprimer. C’est un sentiment comme un autre et quoi qu’on en dise, pour aller réellement mieux, certaines choses ont besoin de sortir, de s’exprimer.
    Je t’envoie des ondes positives ❤
    Passe une belle journée

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    1. Merci beaucoup ma gentille Manon ! Je suis d’accord avec toi, la tristesse doit toujours être exprimée et l’autre peut aussi être là pour écouter, à condition qu’il le veuille bien.
      Je crois que c’est pour cette raison que la tristesse est loin d’être bien vue et vécue. Nous sommes parfois rejeté lorsqu’on est triste parce que l’autre n’est pas prêt à entendre du négatif. Et ça peut être pour plein de raisons. Parfois juste par égoïsme, parfois aussi par protection et je le comprends. En tant qu’hypersensible surtout, lorsqu’on reçoit les émotions en plein coeur, parfois il faut mieux dire qu’on n’a pas envie. Ca ne veut pas dire que l’autre ne peut pas vivre sa douleur, ça ne veut pas dire non plus qu’on ne souhaite pas qu’il aille mieux, ça veut juste dire qu’en se rendant malade avec l’autre, sa situation ne changera pas.
      Je me suis un peu égarée.. ahah
      En tout cas, merci beaucoup pour ton petit mot 💛

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  3. Je trouve cet article très beau et très juste! je pense aussi que dans beaucoup de situation, ces états dépressifs sont là pour nous apporter quelque chose (et ça peut être un simple signal que la situation actuelle n’est pas faite pour nous et qu’il faut trouver des solutions pour modifier cette situation). C’est peut être différent quand il s’agit de la vraie dépression puisque la chimie du cerveau est surtout défectueuse mais dans beaucoup d’autres cas, c’est un signal qu’il faut accepter et apprendre à gérer

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    1. Tu as raison de préciser que c’est différent lorsqu’il s’agit de dépression. Je comptais en faire un article justement pour préciser tout ça.
      Pour la dépression, l’aide est plus importante, ça ne veut pas dire que ce sont les autres qui soigneront tout, ils accompagneront juste beaucoup plus. C’est ce qu’il faut en tout cas, si on se sent prêt à accompagner (toujours s’écouter pour ne pas se forcer et faire mal)
      Je suis tout à fait d’accord avec toi, comme je l’avais précisé sur Instagram, tout est là pour une bonne raison, je vois ça également comme des signes de la vie et j’apprends.. 😺
      Merci pour ton gentil mot 😽

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      1. J’hésitais à l’écrire car je ne voulais pas me montrer vexante en sous estimant ou niant ta souffrance, en sous entendant qu’il y a des vraies dépressions et des fausses, parce que ce n’était pas du tout ça. mais je suis ravie de voir que nous sommes sur la même longueur d’ondes 🙂

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  4. « En fait, je pense qu’il fallait simplement me laisser vivre ma peine. »

    Tu as tout dit, je pense que nous sommes arrivés à un stade où l’injonction au bonheur dans notre société prend trop de place. Il faut toujours faire de son mieux, ne pas se laisser aller, rebondir aussitôt après un échec, sourire à tout parce qu’il y a toujours pire que soi et j’en passe. Il est important d’accepter toutes les émotions, perçues comme positives ou négatives. Les vivre, les ressentir pour se construire et mieux se connaître.
    Alors oui, parfois, les conseils ou du soutien sont bons à prendre, et parfois non, c’est comme ça. Dans tous les cas lorsque nous sommes entourés des bonnes personnes qui nous comprennent bien, il n’y a pas de justification à donner pour telle situation. Il y a des moments où je vais refuser en bloc des discussions parce que je ne le sens pas, et c’est ok 😊 De façon générale je pense être assez claire envers les gens que j’aime sur ma disponibilité à les écouter, je les laisse donc venir à moi s’ils ont besoin. Je ne cherche pas à tout prix à savoir ou à donner mon avis parce que je n’aime pas qu’on le fasse pour moi.
    Que les émotions vivent !! 🎇🎇 bisous ma douce

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    1. Tu as si bien compléter mon article, merci.. Je suis tout à fait d’accord avec toi, certains culpabilisent énormément de souffrir parce que ce n’est pas à la mode, disons-le comme ça.. Mais je crois que c’est surtout qu’on n’a pas très envie que des gens nous imposent leur tristesse… Tu n’es pas d’accord ? Je suis écouter et tenter d’amener des gens sur un chemin meilleur quand c’est MOI qui le décide. Le problème c’est que beaucoup l’imposent et sont encore plus malheureux parce que peu reçoivent leur message. Mais s’ils avaient déjà un peu de compassion pour eux même, ce serait un tout petit peu plus simple. Tout ça pour dire qu’il ne faut pas toujours attendre de l’extérieur de l’aide et un pansement pour nos blessures… Et tout ça pour dire qu’en précisant à l’autre qu’il a peut-être besoin de vivre sa peine, alors un grand pas peut être franchi.
      Merci beaucoup pour ta réaction et ta gentillesse, comme toujours, en tout cas, ça me touche 💛

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    1. Exactement ! Encore faut-il que cette écoute soit volontairement engagée par l’autre. Sinon on lui impose nos malheurs, et ça ne peut pas fonctionner.
      Merci beaucoup pour ton petit mot 😺 Bonne journée😽

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