2 manières de recevoir de la reconnaissance

Nous avons toutes et tous besoin de reconnaissance. Petit, c’est notre famille qui comblera ce besoin (ou pas) et qui aura un rôle très important pour la construction de notre estime de nous-même.

Plus elle sera solide, plus ce sera facile ensuite, avec les autres. Le besoin de reconnaissance sera alors moins important puisque notre estime de nous-même sera déjà construite et affirmée.
Plus elle est fragile, plus nous allons chercher cette reconnaissance chez l’autre, tenter de l’obtenir par différents moyens, chercher le compliment, subtilement ou non, la quémander, parfois.

Puisque se sentir reconnu, c’est se sentir exister. J’existe pour l’autre, son regard me donne de l’importance, donc je suis capable de me sentir unique, utile, important, en vie.

Dans tous les cas, j’ai découvert qu’il y avait deux méthodes d’obtenir de la reconnaissance. Ce ne sont pas les seules, mais elles m’ont marqué parce que je les avais vécu/remarqué et je ne savais pas trop ce qui me poussait à agir de telle manière ou ce qui poussait l’autre à agir ainsi. Peut-être est-ce parce que c’est souvent inconscient, et on qu’on agit sans se demander « pourquoi on agit ainsi » et « qu’est-ce qu’on cherche au juste ? ». J’ai envie de te les partager parce que je suis sûre que ça peut résonner en toi et te rappeler des souvenirs et des gens.


Qu’est-ce que c’est ?

Ce n’est pas très difficile à comprendre, la reconnaissance par conformité, c’est le fait de se conformer. De faire comme les autres, de se fondre dans la masse, en quelques sortes. Le fait de ne pas vouloir être trop différent.e pour éviter tout rejet ou incompréhension de l’autre. Tu as peut-être, d’ailleurs, déjà entendu parler des expériences sur le conformisme assez stupéfiantes qui nous font remarquer à quel point l’humain a du mal à s’éloigner des effets de groupe, quitte à dire/faire l’opposé de ce en quoi il croit.

Comment ça se manifeste ?

Acheter les mêmes vêtements que tes idoles, que tes amies. La mode, je crois, en est l’exemple parfait. On s’habille en fonction des tendances, parce que ça plaît à la grande majorité des gens à ce moment là. On cherche à obtenir les pièces les plus appréciées, les avoir pour soi, sur soi, pour faire de l’effet et susciter de l’admiration. Ca peut être aussi dans les façons de parler, les expressions. On utilise des termes, des mots, des phrases, similaires pour faire partie d’un groupe. Si on commence à parler autrement, on risque d’être incompris, voire rejeté.
Je crois que c’est assez naturel que de prendre exemple sur l’autre et de s’adapter en imitant parfois. Le risque, lorsque ça devient extrême, c’est lorsque ça s’applique à nos choix ou même à nos pensées. Faire ce qui ne nous ressemble pas forcément, de ne pas nous écouter et de nous empêcher d’être nous-même, à 100%. S’oublier.
Je t’invite à découvrir l’expérience de Asch, si tu ne la connais pas.


Qu’est-ce que c’est ?

A l’inverse, la reconnaissance par distinction consiste à vouloir se différencier. Ne pas aller dans le sens de tout le monde pour affirmer sa différence et, probablement, susciter une sorte d’admiration. Parce que ne pas faire ce qu’on nous impose, c’est faire preuve de courage.

Comment ça se manifeste ?

Cette forme de recherche de reconnaissance là, j’y ai beaucoup été confronté ces dernières années. D’abord, parce que c’est souvent vers l’adolescence qu’elle est le plus présente, lorsqu’on cherche à affirmer son identité. Et puis, parce que je crois qu’elle se manifeste beaucoup sur internet et sur les réseaux sociaux pour les personnes qui recherchent le succès. Je te l’expliquais dans l’article sur la médisance entre blogueuses, j’ai moi-même cherché à me différencier, à montrer que je n’allais pas dans le même sens que les autres. Pourquoi ? Pour être reconnue, bien sûr. Montrer, prouver que j’avais quelque chose en plus. Est-ce que c’est malsain ? Ca dépend du degré et de la fréquence à laquelle ça apparaît. Mais je crois que c’est assez naturel, lorsqu’on cherche à être reconnue, que de vouloir se démarquer. Cependant, une fois que j’ai pris conscience de tout ça, je me suis rendue compte que je n’avais pas envie d’être le genre de personne qui cherche à tout prix à être différente ou meilleure. C’est pour ça que je t’explique dans l’article que je ne crois pas que ce soit nécessaire de vouloir rabaisser l’autre pour se surestimer.

Tout est une question de mesure, finalement. Aucun extrême n’est vraiment bon et sain.


Personnellement, j’ai fait partie des deux cas de figures. En effet, j’ai eu énormément besoin de reconnaissance, très inconsciemment. J’en ai encore besoin aujourd’hui (Pourquoi j’ai un blog ? Des réseaux sociaux que j’essaie d’alimenter tous les jours..?) mais, maintenant, je le sais, c’est conscient. Une fois que je l’ai compris, ça m’a aidé à m’en détacher, finalement. Par exemple, je sais que je peux survivre sans. Doucement, mon blog devient un travail. Mais au delà de ça, je n’ai pas besoin de la reconnaissance que j’obtiens avec tout ça pour survivre. Je ne DEPENDS plus de cette reconnaissance. Mais je l’apprécie et elle me fait du bien. Les commentaires, les gentils mots, les personnes qui se retrouvent dans ce que je dis et qui m’en font la remarque. Bien sûr, ça me fait du bien, de servir à quelque chose, à quelqu’un, d’être utile, d’être reconnue.

Mais je ne veux plus jamais en dépendre. Je veux pouvoir me sentir confiante, à l’aise, bien dans ma peau et m’aimer sans avoir besoin de l’autre pour ça. Le plus important, c’est de s’aimer, soi et de savoir ce que l’on vaux, pour soi, rien que pour soi.


Avais-tu déjà entendu parler de ces deux types de recherches de reconnaissance ?
Tu penses que tu t’en es déjà servi ?
C’est quoi ta vision de tout ça ?

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14 thoughts on “2 manières de recevoir de la reconnaissance

  1. Je n’étais pas au courant non! 😓 je t’avoue que tu m’as appris quelque chose! La reconnaissance est qqch d’important pour le développement personnel, on recherche une espèce “d’approbation” pour ce qu’on construit. J’essaie chaque jour de me détacher de ça car l’envie de reconnaissance à été (et est parfois tjs) très intense et on tombe vite dans la dépendance (enfin je sais pas si tu comprends ce que je veux dire?) une fois qu’on fait VRAIMENT ce qu’on aime; la reconnaissance et le jugement des autres nous passent au dessus tellement on apprécie et on se fait confiance.
    Jai fini ma tartine 😅😂
    Bisous ❤️

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    1. Tu as tout compris ma douce. Et oui, je vois parfaitement ce que tu veux dire quand tu parles de dépendance. On n’ose plus rien faire sans l’approbation et la validation de l’autre une fois qu’on s’est habituée à la recevoir. Et donc, on fait uniquement pour l’autre. Comme tu l’as très bien dit, si on est sûr de soi et qu’on aime ce qu’on fait, rien que pour nous, il n’y a plus besoin de ça, ça devient juste un bonus que d’être reconnue ensuite.
      Merci pour ta tartine, z’adore!!! : D ♡

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  2. Coucou Justine,

    Je connaissais les comportements de conformité et de distinction de manière générale mais je n’y avais jamais pensé en l’appliquant à la reconnaissance en particulier, c’est intéressant ! Alors pareil que toi j’ai usé un peu des deux. Comme tu le dis la mode est un bon exemple d’autant plus que l’apparence est la première image que l’on a de (renvoit à) quelqu’un·e. Je me souviens qu’au lycée et ensuite pendant mes premières années de fac j’adaptais totalement mes vêtements en fonction de mes ami·es / groupes d’ami·es, et ça virait d’ailleurs souvent au « too much » total, au point que quand je croisais d’autres ami·es parfois on me disait « ah mais je t’avais pas reconnu·e avec ce style » 😂D’un côté je me conformais en n’ayant pas vraiment de « style » (personnalité ?) « à moi » et de l’autre je me « distinguais » en changeant tout le temps (super paradoxal quand j’y repense). Au delà de la recherche de reconnaissance je parlerais même, dans mon cas, de recherche d’appartenance (ou refus d’appartenance). J’ai d’ailleurs été beaucoup dans la distinction et je dirai même dans l’opposition, notamment à l’adolescence (plus dans les comportements et les discours que les fringues). J’avais lu une fois que « l’opposition » c’est un truc de petit·es dernier·ères, or j’ai deux soeurs donc ça a peut être joué dans mon besoin de me distinguer (si y a des petit·es dernier·ères qui passent par là et qui se reconnaissent, dites-moi si ça vous a fait ça aussi je suis curieuse 🙈)

    Comme tu le dis, la reconnaissance on en a tous et toutes un peu besoin, après tout on est des animaux sociaux, tant qu’on tombe pas dans la dépendance de cette reconnaissance (approbation ?) des autres qui là peut effectivement s’avérer douloureuse et dangereuse.

    PS : je connaissais par l’expérience de Asch, super intéressant, merci !

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    1. Merci ma gentille Camille pour ton retour. Oui, je crois que la mode en est un bon exemple. Moi par exemple, j’ai toujours refuser de me conformer à la mode, pensant que les vêtements sont secondaires, moins importants. Et en y réfléchissant, ça reste une forme de distinction, parfois inconsciente : « non, moi je ferai pas comme vous, regardez comme je n’ai pas besoin de ça, je vaux mieux que ça » ahah.. Bon tout ça est exagéré bien sûr. Mais je trouve ça chouette de prendre conscience de ces notions parce que ça peut calmer certaines de nos convictions. Comme je n’ai pas envie d’être dans un extrême ni dans l’autre, je suis plus mesurée dans mes choix et mes opinions maintenant que j’ai appris ça. C’est pour ça que j’ai voulu en parler aussi. Surtout après avoir eu une conversation avec une copine de blog qui me semblait vouloir nier tout ce que plus de deux personnes pouvaient penser, c’était clairement pour se différencier et se sentir supérieure, inconsciemment, encore… Tu lui disais OUI, elle te répondait qu’en fait non. Tu étais d’accord et tu disais non, elle te répondait que si quand même un peu… Et on rencontre ce genre de situation bien plus souvent qu’on ne le pense. : )
      Encore merci pour ton retour, je t’embrasse ♡

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      1. ah oui le fameux esprit de contradiction, je vois totalement^^ c’est clair que quand on y réfléchit on peut analyser beaucouppppp de situations avec ces deux manières de recevoir de la reconnaissance et/ou de (se) penser de manière générale, en conformité ou en distinction, et je te rejoins sur l’idée de « tout est question de mesure » (et pas seulement parce que cette expression contient un de mes mots préférés 🤣)

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  3. Tu me fais découvrir quelque chose Justine, je ne connaissais pas du tout.
    Plus jeune, j’ai été dans celle de distinction. Je voulais me démarquer, je voulais qu’on me regarder pour qui j’étais ou qui je croyais être.
    Je te suis complètement au niveau de l’équilibre. J’ai longtemps été dépendance, c’est un de mes traits de personnalité, je viens de le découvrir au cours de ma formation, et du coup je comprends mieux mes comportements. Fut un temps je ne vivais que par le retour du regard de l’autre. Ce n’est pas sain en effet.
    La reconnaissance est nécessaire mais plus on gagne en confiance en soi, moins on en a besoin au quotidien. Et plus elle est un moteur pour aller de l’avant et non un frein qui nous maintiendrait dans le passé, le passif.
    Très heureuse de te lire à nouveau. Beau weekend Justine.

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    1. Tu as tout dit. Je crois que c’est normal de passer par ces phases à certains moments de notre vie, surtout jeune, lorsqu’on se cherche encore et qu’on n’a pas forcément un tempérament qui s’affirme facilement. Soit on brusque les choses, soit on oublie de se demander ce qu’on pense/veut vraiment… Mais ça change au fil du temps et tant mieux. Encore une des raisons (mais je m’égare un peu) pour lesquelles je n’aime pas le terme « influenceur ». C’est comme si ils profitaient des personnes qui se conforment pour se sentir bien dans leur vie.. M’enfin c’est encore un autre débat ahah..
      Merci beaucoup pour ton retour et ton témoignage enrichissant. ♡

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  4. Un article très intéressant, qui fait réfléchir ! J’en avais bien besoin !
    Actuellement, pas mal de mes amies tombent enceinte, ont ce désir de créer leur famille. Je n’en suis pas là mais quelque chose commence à naitre en moi ? Le désir d’être mère moi même ? Non, le désir de faire pareil et ça me questionne beaucoup….

    A bientôt,
    Line

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    1. Oh merci, ça me touche.
      Ah ça… Je l’ai pas mal ressenti aussi ces dernières années. Il y a des jours où je me dis que clairement, oui, j’en ai envie. Mais pourquoi ? Peut-être pas toujours les bonnes raisons effectivement. Il y a des jours où je me dis : finalement non, pas du tout, je veux profiter encore et n’avoir besoin que de m’occuper de moi-même.
      Je crois que le plus important c’est de s’écouter en profondeur, en oubliant les autres, la société, les pressions etc… Les réponses viendront avec le temps.. : )

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  5. Coucou,
    Merci pour cet article très intéressant.
    J’avoue que ce terme de reconnaissance me parle peu car je n’ai pas la sensation d’en rechercher dans ce que je fais car je pars du principe que je fais ce que je fais pour mon plaisir, peut-être la reconnaissance que je m’apporte à moi même et je n’attends pas de reconnaissance de mes proches ou des autres car je me dis que si je le fais pour moi, que cela plaise ou non l’essentiel est que je sois fière de moi. Reconnaissance d’avoir ajouté cette aventure à ma vie plutôt que de l’avoir laissé passer sans la concrétiser. Je ne sais pas si c’est très compréhensible ce que je raconte car cela me semble un peu flou mais je pense que tu seras en comprendre l’idée.
    Bisous

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    1. C’est génial que tu vois les choses de cette manière et que tu les fasses vraiment uniquement par passion. Ca m’arrive aussi, la majorité du temps d’ailleurs, je fais parce que j’aime et parce que j’en ai besoin, pour moi. Mais j’avoue tomber encore, de temps en temps, dans le piège du « J’ai pas eu beaucoup de retours, de réactions, voire de compliments » et de chercher une sorte de validation quand je n’ai pas assez confiance en moi. Mais tout est là, dans la confiance. Et en avoir conscience aide énormément. : D
      Je t’embrasse ♡

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  6. Je connaissais pas ces types de reconnaissances mais cette quête de la reconnaissance me parle bien.
    Pendant longtemps j’ai cherché à avoir une certaine forme de reconnaissance sur mon travail, chose que je n’ai jamais eue de mes supérieurs. C’est une fois que j’avais quitté le navire que mes clients, au travers des quelques contacts que j’ai encore ont regretté, mon départ précipité et ont manifesté la plus belle des reconnaissances, celle comme quoi je faisais du bon travail !
    Aujourd’hui, en tant que maîtresse, la reconnaissance je l’ai au quotidien, quand mes élèves comprennent une notion, quand ils me disent des « je t’aime » « tu vas me manquer » « avec toi, je comprends tout » « tu es la meilleure maîtresse au monde ».
    Et tout ça ça fait du bien !

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